AVENUE DES GÉANTS, de Marc Dugain
Editions Gallimard, 363 pages.
Marc Dugain est l’un des rares auteurs en activité à m’avoir convaincu au-delà d’un chapitre. Il a même fait beaucoup mieux, avec Une exécution ordinaire et La malédiction d’Edgar . Chez Dugain, ce n’est pas le style qui donne de la valeur au roman. Son écriture, bien que sans étincelle, a au moins le mérite de ne pas prétendre à plus qu’elle ne peut, à rester sobre, quand tant d’écrivaillons qui sévissent de nos jours font dans le précieux ridicule, le pompeux, le fané et au final l’illisible.
Avenue des géants confirme dès les premières pages que là où Marc Dugain excelle, c’est la narration: élaborée mais simple à appréhender, échappant au linéaire sans se perdre dans des labyrinthes, ni ennuyeuse ni tortueuse.
Comme dans Une exécution ordinaire et La malédiction d’Edgar , Dugain mêle habilement différentes périodes. Premier chapitre, le personnage principal, un serial killer, est en prison depuis de longues années. Il y dévore les livres. Deuxième chapitre, il se voit offrir, adolescent, une carabine par son grand-père.
Comme dans ces deux romans, Dugain donne de l’épaisseur aux personnages, patiemment, évitant les raccourcis, les lieux communs, les facilités. L’encéphalogramme plat n’est pas le genre de la maison.
Le propos de Avenue des Géants, plutôt qu’abreuver la part de curiosité malsaine du lecteur en détaillant le modus operandi d’un tueur en série, est de suivre la formation du Mal dans un cerveau au QI plus élevé que celui d’Einstein. Si la tâche est plus rude, Dugain s’en acquitte cependant à merveille, de son écriture discrète et efficace.




















J’ai dévoré ce livre en trois jours, merci pour cette critique!
"Ecriture discrète et efficace" c’est exactement ça.
Merci pour votre commentaire. Si ce n’est déjà fait, je vous recommande la lecture de Une exécution ordinaire et La malédiction d’Edgar, du même auteur.