TO ROME WITH LOVE
de Woody Allen, avec Woody Allen, Penelope Cruz, Roberto Benigni, Ellen Page, Alec Baldwin…
TO ROME WITH LOVE commence mal: Woody Allen fait preuve de paresse dans la narration en confiant l’introduction à un agent chargé de la circulation posté au milieu d’un giratoire. Celui-ci va nous présenter en voix off les principaux protagonistes, en une minute chrono. La voix off, une facilité dont Woody Allen est manifestement devenu friand puisqu’il l’avait déjà utilisé dans Vicky Cristina Barcelona, déjà avec maladresse.
Plusieurs histoires se déroulent en parallèle, sans autre point commun que d’avoir pour cadre Rome, un Rome touristique où aucun monument n’est oublié. Tout d’abord, l’histoire de la fille de Jerry (Woody Allen), en vacances à Rome et qui tombe sous le charme d’un Romain. L’été passe et elle décide de faire venir ses parents des Etats-Unis pour rencontrer la famille de Michelangelo. Le père de celui-ci a un don qui va subjuguer Jerry, une voix exceptionnelle quand il chante… sous la douche.
Autre histoire, celle de Sally et Jack, étudiants à Rome, qui hébergent une amie de Sally, Monica (Ellen Page). Un architecte (Alec Baldwin) qui apparaît comme un fantôme auprès de Jack, tandis qu’au début du film il était bien réel (étrange facilité dans la narration une nouvelle fois) prévient le jeune homme: cette fille va l’attirer dans ses filets.
Autre histoire, celle de Milly et Antonio, en voyage à Rome. Ils s’apprêtent à recevoir des parents d’Antonio pour un important travail, mais Milly décide d’aller chez le coiffeur. La pauvre provinciale se perd dans les rues de la grande ville tandis qu’une prostituée (Penelope Cruz) fait immersion dans la chambre d’Antonio. Suivront des péripéties qui semblent se dérouler sur une seule journée, tandis que toutes autres journées se déroulent sur au moins deux journées… Est-ce que Woody s’en est aperçu?
Dernière histoire, celle de Leopoldo (Roberto Benigni), employé lambda que personne n’écoute et qui devient soudainement et sans raison une célébrité, traqué par les journalistes et avec lequel de belles femmes veulent faire l’amour.
Quatre histoires en 1h51, autant dire qu’aucune n’est vraiment fouillée. Le film est une succession de saynettes plus ou moins réussies, plus ou moins bien servies par les stars au casting du film. Outre les facilités et incohérences dans la narration déjà évoquées, Woody Allen fait l’étalage d’obsessions tristement libidineuses, de fantasmes à répétition sur l’infidélité, de manière encore plus marquée que dans Midnight in Paris et Vicky Cristina Barcelona. Les répliques mordantes, là où jadis il excellait, se comptent sur les doigts d’une main. Quant à sa vision des villes latines européennes (Rome après Barcelone et Paris), elle relève du cliché touristique.
En dépit de ses trop nombreux défauts, To Rome With Love n’est ni assommant ni pénible. Le film est comme un apéritif où la plupart des assiettes contiennent des mets sans intérêt, et où quelques-unes présentent des choses agréables en bouche, en petite quantité. Pour vous occuper, vous grignotez sans y penser ce qu’il y a dans les premières assiettes et vous vous contentez du peu qu’il reste dans les autres.
Je disais que To Rome With Love commence mal, avec une introduction ratée. Il termine aussi mal, avec une énième maladresse.
Woody, plutôt que de faire un film par an dans une ville latine européenne pour laquelle tu n’as pas le feeling, économise deux ans et tourne à nouveau à Manhattan, c’est là que tu es le meilleur.



















