Depuis 1591 et le Richard III de Shakespeare, combien de fois l’histoire écrite par l’auteur anglais s’est-elle répétée? C’est la question qui m’est venue après avoir regardé l’adaptation cinématographique qu’en a faite Richard Loncraine (Richard III, 1996). Au casting , les impeccables Annette Bening (La reine Elizabeth) et Kristin Scott Thomas (Lady Anne), ainsi qu’un effrayant Ian McKellen dans le rôle-titre.
Le film a ceci d’intéressant qu’il transpose la pièce dans l’Angleterre des années 30. Les répliques de Shakespeare sont en grande partie conservées, mais un très fort parallèle est fait avec l’ascension d’Hitler.
Les rouages de cette ascension ?
- Une ambition démesurée, entièrement orientée vers la conquête du pouvoir puis sa conservation,
- La mollesse de ceux qui pouvaient encore l’arrêter quand il ne disposait pas encore de toutes les cartes,
- La manipulation pour diviser et affaiblir ceux qui lui font obstacle,
- La promesse de hochets ou la peur pour obtenir des ralliements,
- L’élimination des opposants récalcitrants.
Alors l’accession au pouvoir de l’ambitieux devient inéluctable et on le voit monter, nouveau roi, à une tribune au-dessus de laquelle flottent des bannières flanquées de son emblème, une hideuse tête de sanglier.
Richard III, une fois roi, ne sera jamais heureux. Il aura toujours un homme à faire abattre pour se rassurer quant à son maintien au pouvoir. Pire, ses nuits sont hantées par les malédictions proférées à son encontre par sa mère, dégoûtée par le sang que son fils a répandu au sein de sa propre famille, et par la reine déchue Elisabeth, dont Richard III a fait assassiner les deux fils et le frère. Sa chute sera aussi brutale que les moyens qu’il avait employés pour s’emparer du trône d’Angleterre.
La pièce de Shakespeare est décidément celle d’un visionnaire. Certes l’Anglais s’est sans doute inspiré de conquêtes de pouvoir de son temps, mais à combien d’ascensions modernes d’homme dangereux son récit est-il transposable? A un trop grand nombre malheureusement…
-W- // BAROUFS CULTURELS
